Lipœdème et perte de poids : pourquoi les jambes peuvent-elles résister aux régimes ?

L'ESSENTIEL
Perdre du poids lorsqu’on vit avec un lipœdème est possible, notamment lorsqu’un surpoids ou une obésité est associé. Et contrairement à une idée longtemps répétée, les jambes peuvent elles aussi perdre du volume. Mais lipœdème et surpoids sont deux réalités différentes : une perte de poids ne signifie pas nécessairement disparition de la disproportion, des douleurs ou des autres symptômes. L’enjeu est donc de ne pas réduire l’accompagnement au chiffre sur la balance.

« Je perds du poids… mais j’ai toujours l’impression que mes jambes résistent »
C’est une phrase que beaucoup de femmes vivant avec un lipœdème pourraient prononcer.
Vous faites attention à votre alimentation. Vous perdez quelques kilos.
Votre visage s’affine, votre taille change, vos vêtements deviennent plus amples…
Mais lorsque vous regardez vos jambes, vous avez parfois le sentiment que le changement n’est pas proportionnel à tous les efforts fournis.
Alors viennent les questions.
Est-ce que je ne fais pas assez d’efforts ? Est-ce que je dois encore réduire ce que je mange ? Pourquoi mon corps ne réagit-il pas comme je voudrais ?
Et parfois, malheureusement, la culpabilité.
Pour comprendre ce phénomène, il faut commencer par une distinction essentielle :
le lipœdème n’est pas simplement une prise de poids localisée sur les jambes.
1. Lipœdème et surpoids : ce n’est pas la même chose
Les recommandations S2k 2024 définissent le lipœdème comme une distribution disproportionnée et symétrique du tissu adipeux des extrémités, associée à des symptômes douloureux et survenant presque exclusivement chez les femmes.
Elles précisent également un point essentiel : le lipœdème n’est pas causé par l’obésité ou le surpoids et ne provoque pas l’obésité ou le surpoids. Wiley Online Library
En revanche, les deux peuvent parfaitement coexister.
Une femme peut donc :
vivre avec un lipœdème sans être en surpoids ;
avoir un surpoids sans lipœdème ;
ou présenter simultanément un lipœdème et un surpoids ou une obésité.
Et cette distinction change complètement la manière d’aborder la perte de poids.
2. Peut-on réellement perdre du volume au niveau des jambes ?
Oui.
Et c’est ici que je souhaite apporter une nuance importante à une idée très répandue.
On lit encore souvent que « la graisse du lipœdème ne répond pas du tout à la perte de poids ».
La réalité scientifique est moins catégorique.
Les recommandations S2k indiquent qu’en présence d’un surpoids ou d’une obésité associés, une réduction du poids obtenue grâce à une alimentation adaptée peut également réduire le volume des jambes. Wiley Online Library
Une étude publiée sur 31 patientes présentant un lipœdème et une obésité ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique a d’ailleurs observé une diminution significative du volume des cuisses après la perte de poids. PubMed
Cela remet en question l’idée selon laquelle les jambes seraient totalement « résistantes » à toute perte de poids.
Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse.
Dire que les jambes peuvent perdre du volume ne signifie pas qu’un régime permet de faire disparaître le lipœdème.
La disproportion peut persister. Les symptômes peuvent évoluer différemment. Et la réponse varie d’une femme à l’autre.
3. Pourquoi peut-on continuer à se sentir disproportionnée après avoir maigri ?
Parce que lorsque l’on perd du poids, toutes les zones du corps ne se transforment pas nécessairement de manière identique.
Chez une femme vivant avec un lipœdème, la répartition du tissu adipeux est par définition disproportionnée entre les extrémités atteintes et le tronc. Wiley Online Library
On peut donc perdre du poids globalement, voir son tour de taille diminuer, perdre du volume au niveau des jambes… et conserver malgré tout une disproportion corporelle.
C’est très différent de : « mes jambes ne peuvent pas maigrir ».
Et cette nuance me paraît essentielle, notamment pour sortir d’une logique d’échec.
Car lorsqu’une femme pense que ses jambes n’ont « pas assez maigri », son premier réflexe peut être de se remettre au régime.
Puis de manger encore moins.
Puis de recommencer avec une autre méthode.
Avec le risque d’entrer progressivement dans une succession de restrictions qui ne répondent pas forcément à son véritable besoin.
4. Perdre toujours plus de poids n’est donc pas forcément la solution
Si un surpoids ou une obésité est présent, sa prise en charge a toute sa place dans l’accompagnement du lipœdème.
Les recommandations actuelles sont très claires sur ce point : l’obésité ou le surpoids associés peuvent augmenter le volume des membres, réduire la mobilité et favoriser d’autres complications. Leur prise en charge doit donc être intégrée à la stratégie globale. Wiley Online Library
Mais cela ne signifie pas qu’il faille chercher le poids le plus bas possible.
Chez une femme qui ne présente pas de surpoids, poursuivre les régimes dans l’espoir d’affiner spécifiquement ses jambes peut au contraire devenir une source de frustration et fragiliser la relation à l’alimentation.
L’objectif doit être individualisé.
Et surtout, il ne faut pas seulement regarder les kilosaffichés sur la balance.
5. Et si nous regardions davantage la composition corporelle que la balance ?
C’est un point qui me tient particulièrement à cœur en tant que diététicienne-nutritionniste.
Deux femmes peuvent peser exactement le même poids et avoir des compositions corporelles très différentes.
Et au cours d’une perte de poids, ce qui m’intéresse n’est pas uniquement combien de kilos ont disparu, mais également ce que nous avons perdu et ce que nous avons préservé.
Les recommandations S2k insistent justement sur la recherche ou le maintien d’une composition corporelle favorable et notamment sur la préservation de la masse cellulaire corporelle afin d’éviter les conséquences négatives d’une perte de masse maigre. Wiley Online Library
Autrement dit : perdre du poids ne doit pas signifier perdre du muscle.
C’est particulièrement important avec l’avancée en âge et autour de la péri-ménopause et de la ménopause, périodes durant lesquelles les changements de composition corporelle deviennent eux-mêmes un véritable enjeu.
6. Lipœdème : pourquoi les régimes à répétition peuvent devenir un piège
Quand le résultat visible ne correspond pas aux efforts fournis, la tentation est grande d’essayer quelque chose de plus radical.
Moins de glucides.
Moins de calories.
Suppression de certains aliments.
Jeûne.
Nouveau régime.
Puis nouveau régime encore.
Or, les recommandations S2k conseillent précisément d’éviter les régimes de courte durée au profit d’une modification durable et personnalisée des habitudes alimentaires. Wiley Online Library
La question n’est donc pas :
« Quel régime va enfin faire maigrir mes jambes ? »
Mais plutôt :
« Quelle stratégie nutritionnelle est réellement adaptée à mon corps, ma santé et ma situation ? »
C’est un changement de perspective considérable.
Parce qu’il permet de sortir du cycle restriction → frustration → nouvel échec → nouvelle restriction.
Et de revenir vers une approche beaucoup plus constructive et DURABLE.
7. Le poids n’est pas le seul indicateur d’évolution du lipœdème
C’est probablement l’un des messages les plus importants à intégrer.
Lorsque l’on vit avec un lipœdème, le chiffre indiqué par la balance ne suffit pas à apprécier ce qui évolue.
Les recommandations S2k préconisent d’ailleurs de suivre plusieurs données : poids, taille, tour de taille, tour de hanches et, selon les zones concernées, différentes mesures des extrémités. Wiley Online Library
Mais au-delà des centimètres, il y a aussi ce que vous ressentez.
Les symptômes caractéristiques pris en compte dans les recommandations comprennent notamment la douleur à la pression ou au toucher, les douleurs spontanées et la sensation de lourdeur. Wiley Online Library
Ce sont donc plusieurs dimensions que l’on peut observer :
le poids, la composition corporelle, les mensurations, la mobilité, les douleurs, les sensations de lourdeur et plus largement le confort au quotidien.
Une femme peut ainsi avoir peu évolué sur la balance mais percevoir d’autres changements intéressants.
À l’inverse, une perte importante de poids ne garantit pas nécessairement la disparition des symptômes.
8. Alors, quel devrait être l’objectif ?
Il dépend de chaque femme.
Si un surpoids est associé au lipœdème, une perte de poids progressive peut faire partie des objectifs.
Si le poids est déjà adapté, il n’y a aucune raison de poursuivre indéfiniment une course à l’amaigrissement dans l’espoir de faire disparaître le lipœdème.
Dans les deux situations, nous pouvons travailler sur d’autres paramètres :
préserver la masse musculaire, améliorer la qualité de l’alimentation, favoriser la mobilité et l’activité physique, agir sur la santé métabolique et chercher à améliorer le confort au quotidien.
C’est une approche beaucoup moins spectaculaire que la promesse :
« perdez enfin vos jambes ».
Mais elle est aussi beaucoup plus respectueuse de la réalité du lipœdème.
9. Et lorsque la perte de poids ne suffit pas ?
C’est aussi une question importante.
Le lipœdème est une pathologie qui nécessite une prise en charge adaptée à chaque situation. Les approches conservatrices peuvent notamment comprendre activité physique, compression dans certaines indications, accompagnement nutritionnel et prise en compte des facteurs psychosociaux. La chirurgie par liposuccion peut également être discutée médicalement dans certaines situations, notamment en cas de douleurs réfractaires malgré une prise en charge conservatrice. Wiley Online Library
L’objectif n’est donc pas de faire porter à l’alimentation — ni à la femme — la responsabilité de tout résoudre.
La nutrition est un levier. Pas l’unique réponse au lipœdème.
Et c’est précisément cette conviction qui m’a conduite à construire LipoFlow comme un accompagnement global associant : nutrition adaptée, massage manuel à visée lymphatique et vibrothérapie ! En savoir plus sur mon programme LIPO FLOW
10. Dans LipoFlow, je ne regarde pas seulement votre poids
Lorsque j’accompagne une femme vivant avec un lipœdème, ma première question n’est pas :
« Combien voulez-vous perdre ? »
Je cherche d’abord à comprendre son histoire.
Son alimentation. Son évolution pondérale. Ses régimes précédents. Ses symptômes. Ses changements corporels. Son activité physique. Son quotidien. Son âge. Une éventuelle péri-ménopause ou ménopause. Et surtout ce qu’elle souhaite réellement améliorer.
Parce qu’une femme de 28 ans sans surpoids et une femme de 52 ans en péri-ménopause présentant parallèlement une prise de poids n’ont évidemment pas les mêmes besoins.
C’est pourquoi LipoFlow associe plusieurs dimensions complémentaires : nutrition personnalisée, massage à visée lymphatique, vibrothérapie en position allongée, mode de vie et soutien émotionnel.
Pendant trois mois, je vous accompagne personnellement au cours d’un parcours de 15 h 30 de suivi, adapté progressivement à votre situation.
L’objectif n’est pas de vous promettre un nombre de kilos ou de centimètres.
Il est de vous aider à mieux comprendre votre corps et à mieux vivre avec le lipœdème, sans réduire votre évolution au chiffre affiché sur une balance.
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FAQ – Lipœdème et perte de poids
Peut-on perdre du poids quand on a un lipœdème ?
Oui. Le lipœdème n’empêche pas de perdre du poids. Lorsqu’un surpoids ou une obésité est associé, les recommandations indiquent qu’une perte de poids obtenue grâce à une alimentation adaptée peut également réduire le volume des jambes. Wiley Online Library
Pourquoi mes jambes restent-elles grosses malgré une perte de poids ?
Le lipœdème se caractérise par une répartition disproportionnée du tissu adipeux au niveau des extrémités. Une perte de poids peut donc diminuer le volume des jambes sans nécessairement faire disparaître cette disproportion. Wiley Online Library
La graisse du lipœdème est-elle vraiment résistante aux régimes ?
Il faut nuancer cette affirmation. Des données montrent que le volume des jambes peut diminuer avec une perte de poids importante. Une étude menée chez 31 patientes présentant un lipœdème et une obésité a notamment constaté une diminution significative du volume des cuisses après chirurgie bariatrique. Cela ne signifie toutefois pas que la perte de poids traite ou fait disparaître le lipœdème. PubMed
Faut-il maigrir lorsqu’on a un lipœdème ?
Pas systématiquement. Si un surpoids ou une obésité coexiste, sa prise en charge fait partie des recommandations. En l’absence d’excès pondéral, l’objectif n’est pas nécessairement de perdre davantage de poids mais de travailler selon la situation sur la composition corporelle, la mobilité, l’alimentation et les symptômes. Wiley Online Library
Pourquoi faut-il préserver sa masse musculaire pendant une perte de poids ?
Une perte de masse maigre peut diminuer les dépenses énergétiques et fragiliser la composition corporelle. Les recommandations sur le lipœdème insistent donc sur la préservation d'une composition corporelle saine au cours de la prise en charge du poids. Wiley Online Library
Le lipœdème peut-il disparaître après une grosse perte de poids ?
Une perte de poids importante peut diminuer le volume des jambes, mais elle ne garantit ni la disparition de la disproportion ni celle des symptômes. Les données concernant les pertes de poids majeures, notamment après chirurgie bariatrique, restent encore limitées et hétérogènes. Wiley Online Library



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